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H3 - LA SECONDE GUERRE MONDIALE :
UNE GUERRE TOTALE, UNE GUERRE D’ANÉANTISSEMENT
Séance 1 : 1 heure
Introduction
Doc. vidéoprojeté : « Le Débarquement dans le secteur d’Omaha Beach »
Doc. vidéoprojeté : « La rampe d’arrivée au camp d’Auschwitz-Birkenau, le 27 mai 1944 »
vidéoprojeté : « Le Débarquement dans le secteur d’Omaha Beach »
Doc. vidéoprojeté : « La rampe d’arrivée au camp d’Auschwitz-Birkenau, le 27 mai 1944 »
• Une vingtaine d’années après la fin de la Première Guerre mondiale, un nouveau conflit éclate en
Asie en 1937 et en Europe en 1939. Celui-ci devient mondial en 1941 quand l’URSS et les États-Unis
sont contraints d’entrer en guerre à la suite des attaques allemandes et japonaises. Après une série de
victoires de l’Axe, les Alliés l’emportent et libèrent finalement les territoires conquis en 1945.
• La Seconde Guerre mondiale pousse les logiques de la guerre totale à leur paroxysme : en raison de
la dimension idéologique du conflit, il ne s’agit plus de vaincre militairement mais d’anéantir l’ennemi.
Dans tous les camps, des crimes de guerre sont commis contre les civils et les prisonniers de guerre et
un génocide est perpétré à l’encontre des juifs et les tsiganes vivant sur le sol européen.
• En France, après la défaite de 1940, la population se divise. Si l’immense majorité demeure attentiste,
une minorité des Français choisit la collaboration derrière le nouveau régime mis en place par le
maréchal Pétain en juillet 1940, et une autre minorité s’engage dans la Résistance, d’abord à l’extérieur
puis à l’intérieur du territoire national, autour de la figure du général de Gaulle.
• Problématique : En quoi la Seconde Guerre mondiale – qui a atteint des niveaux de violence jamais
égalés – a-t-elle dévasté l’Asie et l’Europe dans tous les domaines ?
I. Une guerre longue, sur plusieurs théâtres d’opérations
A. Les victoires de l’Axe en Asie et en Europe : 1937-1941
I. Une guerre longue, sur plusieurs théâtres d’opérations
A. Les victoires de l’Axe en Asie et en Europe : 1937-1941
Doc. vidéoprojeté : « Les conquêtes du Japon en Asie (1934-1942) »
Doc. vidéoprojeté : « L’expansion de l’Allemagne et l’Italie en Europe (1939-1942) »
Doc. vidéoprojeté : « La guerre-éclair ou Blitzkrieg »
• La Seconde Guerre mondiale début en Asie en 1937. Allié de l’Allemagne en Asie, le Japon y
mène une politique de conquêtes. À l’expansion continentale (conquête de la Mandchourie dès
1931, guerre contre la Chine déclenchée en 1937) succède une expansion maritime en direction
du sud qui vise la constitution d’un vaste empire colonial dans l’océan Pacifique. Cette politique,
qui bénéficie de la collaboration militaire de la France du maréchal Pétain (utilisation des bases
aériennes françaises en Indochine), inquiète le Royaume-Uni, dont les possessions coloniales en
Asie du Sud-Est (Birmanie) sont menacées, autant que les États-Unis.
• En Europe, la guerre débute avec l’invasion de la Pologne le 1
er
septembre 1939. Forte de la
non-intervention soviétique (Pacte germano-soviétique d’août 1939), l’Allemagne adopte la
stratégie militaire de la Blitzkrieg (« guerre-éclair » qui combine les bombardements aériens,
l’emploi de chars puis l’offensive des troupes au sol), ce qui lui permet de remporter des victoires
foudroyantes. La défaite et le démembrement de la Pologne (automne 1939) sont suivis au
printemps 1940 de l’occupation de la Norvège et du Danemark. Jusqu’au printemps 1940, aucun
combat n’a lieu sur le front de l’ouest : c’est la « drôle de guerre ». Mais le 10 mai 1940, Hitler
attaque les Pays-Bas, la Belgique et la France : elle finit par signer un armistice le 22 juin 1940.
• Seul contre l’Axe, le Royaume-Uni subit des bombardements intensifs. Galvanisé par Churchill,
le pays tient bon. Londres devient le refuge des gouvernements européens en exil, comme celui
de la France libre du général de Gaulle. Le conflit s’étend en Méditerranée où les puissances de
l’Axe veulent couper l’accès du Royaume-Uni aux puits pétroliers et à la route de Suez afin de
l’isoler de son Empire indien. Au printemps 1941, les troupes allemandes repoussent les troupes
britanniques vers l’Égypte. Les Allemands s’emparent aussi de la Yougoslavie et de la Grèce.
Au printemps 1941, les troupes allemandes repoussent les troupes
britanniques vers l’Égypte. Les Allemands s’emparent aussi de la Yougoslavie et de la Grèce.
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Séance 2 : 1 heure
B. La mondialisation du conflit au cours de l’année 1941
Doc. vidéoprojeté : « Une guerre planétaire »
Doc. vidéoprojeté : « Opération Barbarossa : l’avancée des troupes allemandes en URSS »
Doc. vidéoprojeté : « L’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) »
vidéoprojeté : « Opération Barbarossa : l’avancée des troupes allemandes en URSS »
Doc. vidéoprojeté : « L’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) »
• Le 22 juin 1941, en rupture avec le pacte germano-soviétique, Hitler lance l’offensive contre
l’URSS. L’opération Barbarossa mobilise des moyens matériels et humains énormes, à la hauteur
des promesses qu’elle représente : vaincre le berceau du communisme, acquérir un espace vital
pour le peuple allemand, éradiquer le « judéo-bolchevisme. De ce fait, le front de l’Est est le
théâtre d’une guerre d’anéantissement de l’adversaire slave, de l’ennemi communiste, et plus
encore des Juifs, tous victimes de crimes de masse sur le territoire de l’URSS. • D’abord extrêmement rapide, la progression de la Wehrmacht marque un premier coup
d’arrêt avec l’échec devant Moscou à l’hiver 1941. La détermination des Soviétiques, mobilisés
par la propagande de Staline dans « la Grande Guerre patriotique », accentue le caractère
extrêmement meurtrier du conflit et le transforme en guerre d’usure. • Avec l’attaque de la base américaine de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le Japon provoque
l’entrée en guerre des États-Unis. Dès le lendemain, le président Roosevelt déclare la guerre au
Japon. Conformément au pacte tripartite, l’Italie et l’Allemagne déclarent la guerre aux États-
Unis. Déjà effectif depuis le printemps 1941 (loi prêt-bail, mars 1941), le soutien des États-Unis
aux démocraties se transforme alors en une mobilisation totale de la puissance américaine. • En août 1941, Roosevelt et Churchill signent la Charte de l’Atlantique dans laquelle ils
définissent comme but de guerre l’anéantissement des forces de l’Axe et le rétablissement de
la paix.
Le 1
er
janvier 1942, 26 États, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS, signent à
Washington une déclaration des Nations unies, par laquelle ils s’engagent à mobiliser toutes
leurs ressources dans la guerre contre l’ennemi commun. Les belligérants s’engagent dans une
guerre totale (conflit qui mobilise toutes les ressources disponibles d’un État) et multiplient les
bombardements stratégiques (usines d’armement, axes de transports, villes…), destinés à
épuiser économiquement, militairement et moralement l’ennemi.
C. Les victoires des forces alliées contre l’Axe : 1942-1945
Doc. vidéoprojeté : « La contre-offensive des Alliés en Asie »
Doc. vidéoprojeté : « Téhéran : la rencontre des dirigeants »
Doc. vidéoprojeté : « Le front européen entre 1942 et 1945 »
vidéoprojeté : « Téhéran : la rencontre des dirigeants »
Doc. vidéoprojeté : « Le front européen entre 1942 et 1945 »
• À partir de 1942, les premiers basculements du conflit se produisent. Dans le Pacifique, la
victoire américaine à la bataille aéronavale de Midway (juin 1942) stoppe l’expansion japonaise :
elle est le point de départ de la reconquête de l’océan Pacifique par les États-Unis. En Afrique
du Nord, la victoire britannique d’El-Alamein (novembre 1942) puis le débarquement anglo-
américain (opération Torch, novembre 1942), auxquels participent les Forces françaises libres,
ébranlent les positions de l’Axe : l’armée allemande est contrainte au repli, les Alliés s’installent
sur la côte algérienne, point de départ d’opérations futures en Europe. Sur le front de l’Est, la
bataille de Stalingrad, engagée à l’été 1942, se solde par un échec cuisant pour la Wehrmacht :
contre les ordres d’Hitler, les troupes allemandes capitulent en février 1943.
• La capitulation des pays de l’Axe a lieu entre 1944 et 1945. En 1943, lors de la conférence de
Téhéran, Roosevelt, Staline et Churchill posent la nécessité d’une coordination des opérations.
En 1943, les troupes alliées débarquent en Sicile et remontent vers Rome : Mussolini est
renversé et un armistice est signé avec les Alliés le 3 septembre 1943. Au débarquement allié à
l’Ouest répondra une offensive terrestre à l’Est. L’articulation entre l’opération Overlord et de
l’opération Bagration (juin-août 1944) est la clé du succès. Déclenchées toutes deux en juin
1944, ces opérations permettent de prendre l’Allemagne en étau.
Déclenchées toutes deux en juin
1944, ces opérations permettent de prendre l’Allemagne en étau.
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Point de passage et d’ouverture 1 : Le débarquement en Normandie et l’opération
Bagration (juin-août 1944)
Consigne : En analysant le document, vous raconterez les opérations militaires qui se
déroulent sur les deux fronts en juillet 1944 puis vous expliquerez la stratégie des forces
alliées envers l’Allemagne nazie. Vous porterez un regard critique sur le document.
Point méthode : Analyser un document
o la présentation du document : nature, auteur, date, source, thème(s)
o l’annonce du plan contenu dans la consigne
o d’abord, des références précises au document : citation, description…
o puis, des explications de ces références à partir d’éléments tirés du cours
o enfin, des critiques adressées au document : elles peuvent être positives
(pourquoi ce document est pertinent) ou négatives (pourquoi il est limité)
• En avril 1945, Soviétiques et Américains font leur jonction sur l’Elbe, un fleuve allemand,
prélude à la prise de Berlin par les Soviétiques, puis à la capitulation allemande, signée les 8 et
9 mai 1945. Dans le Pacifique, la reconquête des territoires soumis par le Japon s’effectue d’île
en île, chaque avancée renforçant la résistance acharnée des Japonais (suicides collectifs). Les
États-Unis sont les seuls détenteurs de l’arme atomique : Truman choisit de l’utiliser. Il fait
procéder au bombardement d’Hiroshima (6 août 1945) puis au bombardement de Nagasaki (9
août 1945), conduisant à la signature de la capitulation japonaise le 2 septembre 1945.
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Point de passage et d’ouverture 2 : 6 et 9 août 1945 : les bombardements nucléaires
d’Hiroshima et de Nagasaki
Consigne : En analysant le document, vous raconterez ce qui s’est produit au Japon en août
1945 puis vous expliquerez la décision du Président Truman. Vous porterez un regard critique
sur le document.
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Séance 3 : 1 heure
II. Une guerre totale et une guerre d’anéantissement
A. La mobilisation des forces humaines et matérielles
Doc. vidéoprojeté : « L’engagement humain et matériel »
Doc. vidéoprojeté : « Les femmes dans l’effort de guerre »
Doc. vidéoprojeté : « Le Victory program (1942) »
Doc. vidéoprojeté : « L’aboutissement du projet Manhattan »
Doc. vidéoprojeté : « La Charte de l’Atlantique (août 1941) »
vidéoprojeté : « L’aboutissement du projet Manhattan »
Doc. vidéoprojeté : « La Charte de l’Atlantique (août 1941) »
• L’ensemble de la population est mobilisé dans le cadre de l’effort de guerre. La mobilisation
combattante est massive : près de 10 millions d’hommes sont enrôlés. Dans tous les pays, les
civils sont mobilisés pour soutenir l’effort de guerre (ensemble des besoins d’une armée en cas
de conflit) : les femmes travaillent dans les usines d’armement (6 millions d’Américaines entre
1941 et 1945). L’Allemagne nazie utilise la main-d’œuvre des territoires occupés : en France, le
régime de Vichy institue le Service du travail obligatoire en 1943. Les belligérants mettent en
place une économie de guerre (réorganisation de l’économie d’un État pour répondre à des
besoins militaires). En mars 1941, la loi prêt-bail autorise les États-Unis à vendre du matériel de
guerre aux États en lutte contre l’Axe (plus de 50 milliards de dollars de 1941 à 1945). En janvier
1942, Roosevelt lance le « Victory Program », qui permet aux États-Unis de devenir « l’Arsenal
des démocraties » en produisant des quantités exceptionnelles de matériel militaire (60 00
avions, 45 00 chars et 20 00 canons) grâce à une planification de l’économie par l’État. • La guerre entraine aussi une multiplication des innovations dans le domaine de l’armement
afin d’accroitre les moyens de destruction. En octobre 1941, les États-Unis lancent le « projet
Manhattan » qui mobilise les plus grands scientifiques de l’époque (Robert Oppenheimer et
Enrico Fermi) afin de mettre au point la bombe nucléaire. Dès 1944, l’Allemagne dispose des
premiers missiles de longue portée (les V1 puis les V2).
Dès 1944, l’Allemagne dispose des
premiers missiles de longue portée (les V1 puis les V2).
Le mathématicien britannique Alan
Turing décrypte la machine Enigma qui permet aux Allemands de coder leurs messages. • La Seconde Guerre mondiale est une guerre idéologique opposant deux camps aux valeurs
opposées. L’Allemagne, l’Italie et le Japon sont fondés sur une idéologie raciste/nationaliste et
sur la guerre de conquête. Les Alliés défendent au contraire les valeurs de la démocratie et des
droits de l’homme. Signée en août 1941 par Roosevelt et Churchill, la Charte de l’Atlantique
prévoit la mise en place d’un nouvel ordre mondial fondé sur la démocratie et le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes après la guerre. Dans chaque camp, l’ennemi est diabolisé, afin
de légitimer la guerre et la violence qui l’accompagne. La propagande forge la haine des nations
et des ennemis. La distinction entre soldats et civils est progressivement abolie.
B. Des crimes de guerre ainsi que des violences de masse
Doc. vidéoprojeté : « Affiche de recrutement pour la Waffen SS (1943) »
Doc. vidéoprojeté : « Le massacre de Nankin en 1937 »
Doc. vidéoprojeté : « Oradour-sur-Glane, un village martyr »
Doc. vidéoprojeté : « Des villes en ruines : Dresde »
vidéoprojeté : « Oradour-sur-Glane, un village martyr »
Doc. vidéoprojeté : « Des villes en ruines : Dresde »
• En Europe comme en Asie, les lois de la guerre sont largement bafouées par tous les camps.
Dans cette guerre idéologique et raciale, il ne s’agit pas seulement de gagner des territoires mais
d’anéantir totalement l’ennemi : c’est la guerre d’anéantissement. Pour les nazis, l’ennemi
ultime en URSS est le « judéo-bolchévique », qu’il faut détruire. Les prisonniers de guerre sont
mal traités : 60% des prisonniers soviétiques sont tués par les nazis (plus de 2 millions de
soldats). Au printemps 1940, le NKVD (police politique soviétique) massacre 22 00 officiers
polonais dans la forêt de Katyń. En Asie, les Japonais méprisent les autres peuples asiatiques, en
particulier les chinois, qu’ils considèrent comme inférieurs. Ils font donc preuve d’une grande
violence à leur encontre : en décembre 1937, à Nankin, l’armée japonaise massacre des civils et
des prisonniers de guerre chinois (de 30 000 à 400 000 morts).
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• Les populations civiles sont particulièrement visées, aussi bien par haine idéologique que pour
des raisons stratégiques. Les populations assiégés dans les villes sont réduites à la famine,
comme lors de la bataille de Stalingrad (juillet 1942-février 1943) pendant laquelle 300 000
personnes périssent. Des populations civiles sont aussi massacrées par représailles, comme à
Oradour-sur-Glane : 643 personnes sont tuées par la division « Das Reich » le 10 juin 1944. Les
bombardements sur les civils sont aussi bien l’œuvre des puissances de l'Axe que des Alliés. Ils
ont pour objectifs de terroriser les population et de contraindre les gouvernements à demander
la fin des hostilités. La bataille d’Angleterre (août-octobre 1940) cause ainsi la mort de plus de
40 00 civils. Les villes allemandes (Dresde, où meurent 35 00 personnes en février 1945) et
japonaises (Tokyo, bombardée de février à mai 1945) sont presque entièrement détruites. Pour
faire capituler le Japon et accélérer la fin de la guerre, le président Harry Truman décide d’utiliser
l’arme nucléaire contre les villes d’Hiroshima (6 août 1945) et de Nagasaki (9 août 1945). Aidé
par la propagande et progrès techniques, la guerre entraine morts et destruction de masse,
effaçant la distinction entre le front et l'arrière, entre les soldats et les civils.
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Séance : 1 heure
C. La politique génocidaire envers les juifs et les tsiganes
Doc. vidéoprojeté : « Entrée du ghetto de Lodz (Pologne) »
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Séance : 1 heure
C. La politique génocidaire envers les juifs et les tsiganes
Doc. vidéoprojeté : « Entrée du ghetto de Lodz (Pologne) »
• Les premières discriminations envers les populations juives et tsiganes débutent avant le
déclenchement du second conflit mondial. Dès 1933, les premiers juifs sont déportés dans les
camps nazis de concentration (Dachau) ; dès 1935, les premières lois antisémites sont votées,
renforcées en 1938. Pour les tsiganes, la concentration dans les camps d’internement débute
dès 1939 pour restreindre la mobilité de ce peuple traditionnellement nomade.
• Entre 1939 et 1940, les nazis enferment les juifs polonais dans des ghettos où sont aussi
déportés les tsiganes. Les ghettos sont des quartiers, isolés par des barbelés et/ou des murs du
reste de la ville, dans lesquels sont regroupés les populations juives et tsiganes. On en dénombre
près de 400, notamment en Pologne, comme ceux de Varsovie (qui compte jusqu’à 450 00
personnes vers 1941), Cracovie ou encore Lódz. Les conditions de vie y sont terribles
(surpopulation, faim, froid, maladie, violence des SS...) et la mortalité très élevée. En avril-mai
1943, la population du ghetto de Varsovie se soulève contre les nazis. Le soulèvement est très
violemment réprimé et les survivants sont déportés vers des centres de mise à mort.
Point de passage et d’ouverture 3 : Le front de l’Est et la guerre d’anéantissement
Consigne : En analysant le document, vous présenterez les ordres que les soldats allemands
présents sur le front de l’Est reçoivent puis vous expliquerez les justifications des ordres
donnés par le général von Manstein. Vous porterez un regard critique sur le document.
8
Vous porterez un regard critique sur le document. 8
Doc. vidéoprojeté : « Le rôle des Einsatzgruppen »
Doc. vidéoprojeté : « Le trajet des Einsatzgruppen (juin 1941-novembre 1942) »
Doc. vidéoprojeté : « Le génocide des juifs (1939-1945) »
Doc. vidéoprojeté : « Le génocide des tsiganes (1939-1945) »
vidéoprojeté : « Le génocide des juifs (1939-1945) »
Doc. vidéoprojeté : « Le génocide des tsiganes (1939-1945) »
• Avec l’invasion de l’URSS en juin 1941, les nazis sont confrontés à des populations juives très
nombreuses et la politique d’extermination se radicalise. Les Einsatzgruppen (unités mobiles
composées de SS qui suivent la Wehrmacht) sont chargés de liquider les juifs et les résistants
soviétiques à l’arrière du front. Les hommes, les femmes et les enfants sont regroupés en dehors
des villes et villages, sont fusillés et enterrés dans des fosses communes : c’est la « Shoah par
balles ». En septembre 1941, la quasi-totalité des juifs de Kiev (près de 35 000 personnes) est
exterminée dans le ravin de Babi Yar. Pour économiser les munitions et limiter l’impact
psychologique de ces massacres sur les SS, les nazis commencent à gazer leurs prisonniers dans
des camions mobiles dès le mois d’août 1941. • Lors de la conférence de Wannsee en janvier 1942, Reinhard Heydrich définit les modalités
administratives et pratiques de la « Solution finale de la question juive », c’est-à-dire
l’extermination complète de la population juive européenne. Des centaines de milliers de juifs
mais aussi de tsiganes sont déportés de toute l’Europe (sous la supervision d’Adolf Eichmann)
par train dans des conditions inhumaines, vers deux types de lieux. Les camps de
concentration sont des camps de travaux forcés, presque tous situés dans le Reich pour soutenir
l’effort de guerre, où les prisonniers meurent d’épuisement ou sont exécutés (Buchenwald,
Dachau, Mauthausen...).
Les centres de mise à mort, tous situés dans l’ancienne Pologne
(Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Belzec, Chelmno, Sobibor et Majdanek), sont des lieux où les
déportés sont mis à mort quelques heures après leur arrivée : ils sont gazés puis leur corps est
brûlé. Ces taches sont effectuées par les sonderkommandos (groupes de déportés juifs utilisés
pour les basses besognes). À Auschwitz-Birkenau et à Majdanek, qui sont aussi des camps de
concentration, les SS séparent ceux qui peuvent encore travailler de ceux (enfants, vieillards,
malades...) qui sont immédiatement conduits dans les chambres à gaz. • En 1944, les défaites militaires nazies conduisent les nazis à tenter de dissimuler les traces du
génocide (politique d’assassinat systématique et programmé d’une population sur des critères
ethniques, nationaux, religieux ou raciaux) : ils évacuent les déportés (marches de la mort) et
détruisent les fours crématoires. Le 27 janvier 1945, l’Armée rouge libère les camps d’Auschwitz-
Birkenau, où sont mortes 1,1 million de personnes. Les victimes civiles du nazisme sont très
nombreuses. Près de 5 70 00 juifs ont été exterminés sous le III
ème
Reich, dont 3 millions dans
les centres de mise à mort entre 1942 et 1945. Près de 63% de la communauté juive européenne
a été exterminée. Les survivants désignent ce génocide sous le terme hébreu « shoah »
(catastrophe). On estime aussi qu’entre 10 00 et 20 00 tsiganes ont été assassinés, soit 34%
de la communauté tsigane européenne.
On estime aussi qu’entre 10 00 et 20 00 tsiganes ont été assassinés, soit 34%
de la communauté tsigane européenne.
Les rescapés désignent ce génocide avec le mot
« samudaripen » (meurtre généralisé) en langue rom. Des millions de prisonniers de guerre sont
aussi morts, victimes des terribles conditions de vie et de travail dans les camps de concentration
comme à Buchenwald, à Mauthausen ou à Bergen-Belsen.
9
Séance 5 : 1 heure
III. Une guerre qui divise la France ainsi que les Français
A. De l’entrée en guerre à la défaite face à l’Allemagne
Doc. vidéoprojeté : « La France entre en guerre »
Doc. 1 page 104 : « La France défaite (10 mai 1940-22 juin 1940) »
Doc. 2 page 104 : « Réfugiés français sur les routes de l’exode (juin 1940) »
Doc. 3 page 104 : « Discours radiodiffusé du maréchal Pétain, 17 juin 1940 »
Doc. vidéoprojeté : « Convention d’armistice franco-allemand »
• Le 3 septembre 1939, soit deux jours après l’attaque de la Werhmacht en Pologne, la France
déclare la guerre à l’Allemagne, comme son allié britannique. L’opinion publique française est
cependant profondément pacifiste. L’opposition à la guerre, pour une génération marquée par
le traumatisme de la Grande guerre, reste forte. Sur le plan militaire, l’état-major français fait le
choix d’une stratégie défensive. Jusqu’au printemps 1940, aucune action importante n’est
engagée sur la ligne Maginot. Les conséquences de cette longue inaction sont désastreuses.
L’incompréhension gagne les soldats, qui baptisent le conflit la « drôle de guerre ». De plus,
l’unité nationale, qui s’était manifestée en septembre 1939, se fissure : le président du Conseil
Édouard Daladier, accusé de « mollesse », est remplacé par Paul Reynaud en mars 1940.
• Le 10 mai 1940, l’Allemagne déclenche une vaste offensive par les Pays-Bas, la Belgique et la
France. Sa progression est fulgurante : le 14 juin, la Wehrmacht entre dans Paris. Près de 60 00
soldats français sont tués, 2 millions sont prisonniers. À la déroute militaire s’ajoute le chaos au
sein des populations civiles qui fuient l’avancée allemande : c’est l’exode, qui met 8 à 10 millions
de Français sur les routes pour fuir l’avancée allemande. Face au repli britannique et sous
l’impulsion du maréchal Pétain et du général Weygand, les partisans de l’arrêt des combats
l’emportent. Le 16 mai 1940, Paul Reynaud démissionne et le maréchal Pétain, nouveau
président du Conseil depuis le 17 mai 1940, signe l’armistice le 22 juin dans la forêt de
Rethondes. Celui-ci entre en vigueur le 25 juin. Seule la zone Sud du territoire échappe à
l’occupation (situation dans laquelle un État, pendant ou après un conflit, est envahi et placé
sous domination étrangère) allemande. L’absence des soldats prisonniers (1,8 millions
d’hommes) et les réquisitions allemandes entraînent des pénuries alimentaires importantes.
L’absence des soldats prisonniers (1,8 millions
d’hommes) et les réquisitions allemandes entraînent des pénuries alimentaires importantes.
Point de passage et d’ouverture 4 : Juin 1940 en France : continuer ou arrêter la guerre ?
Consigne : En analysant le document, vous présenterez la situation militaire de la France en
juin 1940 puis vous expliquerez les alternatives qui se présentent au gouvernement français.
Vous porterez un regard critique sur le document.
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B. Le choix de la collaboration par le régime de Vichy
Doc. vidéoprojeté : « Le vote des pleins pouvoirs à Pétain »
Doc. vidéoprojeté : « Les actes constitutionnels du 11 juillet 1940 »
Doc. vidéoprojeté : « La Révolution nationale »
• La défaite entraîne la mise en place d’un ordre nouveau en France. Le gouvernement, après
s’être replié à Tours puis à Bordeaux, s’installe à Vichy le 1
er
juillet 1940. Les députés et les
sénateurs accordent majoritairement les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940
(569 pour, 80 contre et 20 abstentions). Le 11 juillet 1940, la promulgation d’actes
constitutionnels instaure un régime autoritaire, réactionnaire et antirépublicain : la République
française est remplacée par l’État français. L'État français développe alors son programme de
« Révolution nationale » incarné par la nouvelle devise « Travail, Famille, Patrie ». La démocratie
et la III
ème
République cessent donc d’exister par un vote légal du Parlement.
La démocratie
et la III
ème
République cessent donc d’exister par un vote légal du Parlement.
Doc. vidéoprojeté : « Pétain entre dans la voie de la collaboration »
Doc. vidéoprojeté : « Le statut des juifs d’octobre 1940 »
Doc. vidéoprojeté : « Une affiche pour le Service du travail obligatoire en Allemagne (1942) »
Doc. vidéoprojeté : Les difficultés quotidiennes sous l’Occupation »
Doc. vidéoprojeté : « Un régime répressif »
vidéoprojeté : Les difficultés quotidiennes sous l’Occupation »
Doc. vidéoprojeté : « Un régime répressif »
• Le 24 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire, espérant intégrer le pays au sein d’une
Europe forte, sur le modèle allemand. Pétain propose à Hitler la politique de collaboration (aide
apportée par un État, dominé ou vaincu, à un autre État, dominant ou victorieux). Le statut des
Juifs (octobre 1940) exclut les Juifs de très nombreuses professions (administration…). La France
s’engage à fournir des produits alimentaires et industriels. Elle autorise l’envoi de main-d’œuvre
en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (réquisition et transfert de jeunes
travailleurs français vers l’Allemagne) à partir de 1943. Le pillage économique entraîne la baisse
des productions. Les problèmes de ravitaillement pèsent lourdement dans les difficultés du
quotidien. La pénurie et le marché noir alimentent la hausse des prix.
• Sur le plan policier, la Milice (corps paramilitaire créé par le régime de Vichy en 1943 pour
soutenir l’Allemagne nazie dans sa répression de la résistance) participe, aux côtés de la
Gestapo, à la traque des Juifs et des résistants. Le régime de Vichy joue un rôle décisif dans le
génocide des juifs en participant à leur arrestation, leur internement et leur déportation. Les 16
et 17 juillet 1942, lors de la rafle du Vél’ d'Hiv’, plus de 13 000 Juifs étrangers sont arrêtés dans
Paris et sa banlieue. Les familles avec enfants sont dans un premier temps entassées dans le
Vélodrome d’hiver à Paris puis elles sont dirigées vers le camp de Drancy, au nord de Paris. La
plupart sont ensuite déportés et exterminés à Auschwitz-Birkenau.
La
plupart sont ensuite déportés et exterminés à Auschwitz-Birkenau.
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• L’invasion de la zone Sud par l’Allemagne le 11 novembre 1942 entraîne une radicalisation
d’un régime de plus en plus impopulaire. Des collaborationnistes (partisans de l’idéologie nazie)
entrent au gouvernement comme René Bousquet ou Joseph Darnand. L’instauration du Service
du travail obligatoire pousse des groupes de réfractaires refusant de partir travailler en
Allemagne à se cacher dans des lieux difficiles d’accès. Ces maquis (groupes de résistants cachés
dans des forêts ou des montagnes) sont bientôt encadrés par les organisations de résistance qui
réorientent leurs actions vers la lutte armée.
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Séance 6 : 1 heure
C. Le choix de la Résistance par les Français libres
Doc. 5 page 105 : « L’appel du 18 juin 1940 »
Doc. vidéoprojeté : « Le refus de l’armistice »
Doc. vidéoprojeté : « Les territoires de l’empire ralliés à la France libre »
Doc. vidéoprojeté : « Les effectifs et les motifs d’engagement dans les FFL »
vidéoprojeté : « Les territoires de l’empire ralliés à la France libre »
Doc. vidéoprojeté : « Les effectifs et les motifs d’engagement dans les FFL »
• Le 18 juin 1940, depuis Londres, Charles de Gaulle lance un appel à la Résistance () au micro
de la BBC. Il incarne alors le refus de la défaite militaire et de l’abandon des idéaux républicains.
Les premiers ralliements donnent naissance à la France libre (organisation de résistance
extérieure fondée par de Gaulle en 1940 pour continuer à lutter aux côtés du Royaume-Uni).
C’est à partir des colonies africaines que la France libre engage ses premiers combats : l’Afrique
équatoriale française – gouvernée par Félix Éboué – se rallie à de Gaulle le 26 août 1940 alors
que toutes les autres colonies restent fidèles au régime de Vichy. En 1940, 60% des combattants
de la France libre sont des tirailleurs, c’est-à-dire des soldats de l’infanterie coloniale, contre
40% en 1943 (des citoyens français ayant rejoint l’organisation au fil du temps).
Point de passage et d’ouverture 5 : Charles de Gaulle et la France libre
Consigne : En analysant le document, vous expliquerez les objectifs fixés par de Gaulle puis
vous présenterez les actions qu’il entend mettre en œuvre. Vous porterez un regard critique
sur le document.
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Doc. 1 page 108 : « Tract appelant à une manifestation le 11 novembre 1940 »
Doc. vidéoprojeté : « Un journal de la Résistance »
Doc. vidéoprojeté : « Résistants dans le maquis du Vercors (1944) »
Doc. vidéoprojeté : « Les membres de la première réunion du CNR le 27 mai 1943 à Paris »
Doc. vidéoprojeté : « Résistance et Libération »
Doc. vidéoprojeté : « De Gaulle et Leclerc sur les Champs-Élysées (26 août 1944) »
vidéoprojeté : « De Gaulle et Leclerc sur les Champs-Élysées (26 août 1944) »
• Sur le territoire national, la Résistance naît dès 1940 de façon individuelle et non-structurée.
Puis, des réseaux se forment progressivement, souvent en fonction de tendances politiques
(Francs-tireurs partisans) ou de localisations géographiques (maquis du Vercors, du Périgord…).
Dans la clandestinité, des hommes et des femmes diffusent des informations, sabotent des
infrastructures utiles à l’occupant nazi, cachent des juifs, etc. Beaucoup sont victimes de la
répression de l’armée allemande et de la Milice de l’État français. La création du Service du
travail obligatoire en 1943 amplifie l’engagement dans la Résistance ainsi que la constitution
de maquis militaires qui prennent une part active à la libération du territoire.
• À partir de 1942, le général de Gaulle missionne Jean Moulin pour unifier les mouvements de
Résistance intérieure. En mai 1943, le Conseil national de la Résistance (organisme qui dirige et
coordonne les différents mouvements de résistance intérieure en France) est fondé dans le but
de préparer la libération, restaurer la République et reconstruire le pays après-guerre. Les
groupes militaires clandestins forment les Forces françaises de l’intérieur (organisation résultant
de la fusion des organisations militaires de la résistance intérieure). Avec les Forces françaises
libres (forces armées ralliées à la France libre, sous le commandement du général de Gaulle), ils
prennent une part active dans les actions engagées, comme le débarquement allié en
Normandie le 6 juin 1944. Le 25 août 1944, la 2
ème
division blindée du général Leclerc entre dans
Paris et libère la ville. Le 26 août, Charles de Gaulle et les membres du Conseil national de la
Résistance défilent sur les Champs-Élysées. Au moment de la Libération, de Gaulle prend la tête
du Gouvernement provisoire de la République française afin de restaurer la République.
Au moment de la Libération, de Gaulle prend la tête
du Gouvernement provisoire de la République française afin de restaurer la République.
Conclusion
• La Seconde Guerre mondiale est un conflit mondial et un conflit total. Elle est aussi la première guerre
d’anéantissement de l’histoire de l’humanité avec les génocides des juifs et des tsiganes et les
bombardements massifs des villes. Le destin de la France est aussi bouleversé : vaincue, la République
est renversée et remplacée par un régime autoritaire et collaborateur, générant des actes de
résistance dès 1940. Celle-ci contribue à la Libération du pays en 1944-1945 avec les Alliés.
• Ce conflit est donc une rupture majeure dans l’histoire du monde, de l’Europe et de la France par
son degré de violences et de destruction jamais égalés mais aussi par des effets politiques.
• Très rapidement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau type de conflit voit le jour :
la Guerre froide, qui oppose les États-Unis et l’URSS.