6 août 1945 : bombardement de la ville d’Hiroshima
Poursuite de la seconde guerre mondiale sur le théâtre Pacifique
Alors que les armes se sont tues en Europe depuis le mois de mai, les États-Unis continuent le
combat dans le Pacifique. Ils constatent que leur logique de combat conventionnel est un échec. Les
bombardements aériens effectués entre mars et début août 1945 ne permettent aucune avancée stratégique. De plus, en se fondant sur le retour d’expérience de la bataille d’Okinawa (offensive terrestre) durant
laquelle, pendant trois mois, sur les 180 000 Américains opposés aux 120 000 Japonais, 50 000 hommes
ont disparu, les Américains comprennent que l’éventualité d’une opération terrestre semble également
inopportune. Enfin, ils ne disposent que d’un délai de trois mois pour mettre fin à ce conflit sous peine
de voir les Soviétiques intervenir. Ces éléments renforcent la volonté des États-Unis, de la Chine et du Royaume-Uni de demander la
capitulation sans condition du Japon et la destitution de l’empereur, lors de la conférence de Potsdam du
26 juillet 1945 sous peine de s’exposer à une « destruction totale ». Or, le 28 juillet, le Premier ministre
japonais Kantaro Suzuki décide d’ignorer cette demande. Bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki : un choc psychologique sans précédent
Désireux de mettre rapidement un terme au conflit, le
président Truman approuve le 24 juillet 1945 le bombardement
des villes d’Hiroshima et de Nagasaki.
Le choix de ces deux
métropoles repose sur une volonté de marquer les esprits :
Hiroshima a jusqu’à présent été épargnée par les différents
bombardements qui ont touché le pays et compte donc un
grand nombre de réfugiés. Nagasaki est quant à elle un
important complexe militaro-industriel, notamment avec de nombreux entrepôts de bombes. L’attaque sur Hiroshima est programmée le 6 août au matin. Les conditions météorologiques étant
favorables, les trois B-29 du groupe d’attaque s’élancent depuis l’Île de Tinian (archipel des Mariannes). L’appareil Enola Gay transporte la bombe Little Boy, The Great Artiste est chargé quant à lui de relever
les données de l’explosion et Necessary Evil de filmer et de photographier l’explosion. À 8 h 16, la bombe
armée en vol est larguée au-dessus de la ville. À 580 mètres d’altitude, les capteurs déclenchent l’explosion
générant une bulle de gaz incandescente de plus de 4 000 °C. Entre 90 000 et 140 000 des 245 000 habitants
de la ville sont immédiatement tués ou blessés. Cette ville construite en matériaux traditionnels (bois et
papier) est totalement détruite par l’incendie qui suit l’explosion. Le 9 août 1945, à 10 h 58, la ville de
Nagasaki subit, à son tour un bombardement nucléaire tuant ou blessant plus de 35 000 personnes. Le
15 août 1945, l’empereur Hirohito annonce alors sa décision d’accepter l’ultimatum des Alliés malgré le
désir du général Anami, alors ministre de la Guerre et du club des généraux, de poursuivre le combat. Ces explosions atomiques ont causé un choc psychologique eu égard aux effets obtenus.
Ces explosions atomiques ont causé un choc psychologique eu égard aux effets obtenus.
C’est
véritablement la rupture de l’équilibre des forces. Le monde entier prend alors conscience de l’avantage indéniable que procure la possession de l’arme
nucléaire. Ainsi, Joseph Staline ordonne à ses scientifiques d’accélérer leurs travaux pour en doter l’URSS le
plus rapidement possible. Cela devient une réalité en août 1949 pour l’Union soviétique, pour le Royaume-
Uni en 1954 et pour la France en 1960. Les relations internationales vont alors être profondément modifiées. Équipe de rédaction du CESA
Enola Gay
DR